<< Compte tenu du contexte environnemental très hostile à la communauté trans en Côte d’Ivoire, cette soirée est pour nous l’occasion d’affirmer en plus profond de nous notre identité. En dehors de son caractère festif, cette soirée est l’occasion de mener des réflexions sur notre identité, notre reconnaissance et surtout de déterminer des axes stratégiques pour une trans identité en Côte d’Ivoire et en Afrique >> tels sont les propos d’ouverture de la Directrice de QET INCLUSION TANO MARIE DAVILA, initiatrice de la soirée << la nuit de l’identité du genre >>.

A l’occasion de cette journée, de visibilité transgenre, de nombreuses personnalités transgenres se mobilisent sur les réseaux sociaux en postant des selfies ou des histoires personnelles, et les associations militent pour une meilleure prise de conscience des difficultés que rencontrent les transgenres, jeunes et moins jeunes, en termes de discriminations, de difficultés administratives et de violences transphobes. En Côte d’Ivoire, l’ONG QET INCLUSION a marqué d’une pierre blanche cette journée en organisant une soirée qui a réunit une centaine de femmes trans et homme trans, dans un espace de la capitale économique du pays.

Défilé, présentation des lauréates du fonds de mis en place d’activité génératrice de revenu, conférence sur l’estime de soi sont autant d’activités qui ont meublées cette soirée. La Directrice de l’ONG Transgenres et Droits Orneill LATYAH n’a pas manqué d’inviter les autres à une acceptation personnelle et à une vie citoyenne sans toutefois transgresser les lois établies par la société.

Les personnes transgenres considèrent être nées dans un mauvais corps, avec une identité de genre ne correspondant pas à leur sexe biologique. Elles décident alors d’en changer. Cependant ce changement se fait au péril de leur vie car dans un environnement dominé par des croyances religieuses, cette communauté est sujette de violence de toutes sortes. Elles sont privées d’espace pour se divertir ou de fréquentation de lieux publics.

<< On m’a déjà poignardé une fois de retour de Treichville, j’ai été poursuivi par des jeunes qui m’ont mis en sang. Il y a des endroits où on n’a pas accès et même lorsqu’on a besoin de quelques choses, nous sommes obligés d’envoyer quelqu’un >> a déclaré une transgenre sur la chaine TV5 Monde lors d’un reportage.

Ce reportage qui a été l’eau qui a débordée le vase, ces filles transgenres ont vu leurs maisons incendiées par des riverains après cette interview (Ndr).

Pour l’initiatrice de cette soirée, le contexte ivoirien ne permet pas aux personnes transgenres surtout les femmes de pouvoir affirmer leur identité. C’est ce qui justifie cette soirée pour << que dans un laps de temps, ces filles puissent mieux exprimer leur identité, s’amuser avec les autres sans se soucier des actes de stigmatisation et de discrimination qu’elles subissent à longueur de journée >>.

Une participante ne manque pas de traduire toute sa joie d’être présente à cette soirée. << Je suis très fière de moi ce soir parce que c’est le moment idéal de vivre mon identité, ma vie de femme sans être inquiétée par qui que ce soit >>.

Cette soirée, bien qu’étant festive, se veut aussi un moment pour les activistes de sensibiliser les populations sur la question des transgenres et aussi de plaider pour la reconnaissance de leur identité entant qu’être humain car dit-elle on ne devient pas transgenre mais on naît transgenre.

Il faut noter qu’en côte d’ivoire aucune législation n’encadre la discrimination envers les personnes Lesbiennes, Gays, Bisexuel(l)es, transgenres (LGBT).

Pour rappel, cette soirée initiée dans le cadre du projet << 11th Hour >> est financée par ASTRAEA et s’est tenue le jeudi 31 mars 2022 à Abidjan.

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